En pratique : la nutrition santé des mamans !


Femme allaitant son bébé








 

La semaine mondiale de l'allaitement maternel est marquée par "la grande tétée", un événement insolite  qui aura lieu le 17 octobre et qui a rassemblé l'an passé près de 2400 femmes dans plusieurs dizaines de villes françaises.

Ce grand rassemblement de mères et de jeunes enfants a pour objectif depuis quelques années d'informer, de sensibiliser et de promouvoir l'allaitement.


Quelles sont les recommandations institutionnelles actuelles ?


Le Programme National Nutrition Santé français (PNNS 2) recommande :


"L’allaitement maternel est recommandé, si possible de façon exclusive, jusqu'à l'âge de six mois révolus et au moins jusqu'à l'âge de quatre mois. Même de plus courte durée, l'allaitement reste toujours recommandé."


De même, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) conseille d’allaiter exclusivement pendant six mois, l’allaitement pouvant se poursuivre en association à une alimentation solide jusqu’à l’âge de 2 ans et même au-delà.


 


Le Scientific Institute for Intelligent Nutrition apporte quelques précisions utiles :



Tout d'abord l'allaitement maternel ne peut pas être remis en question.


Le lait maternel possède effectivement la composition la plus adaptée pour la croissance et la santé optimale du nourrisson (1, 2, 3).


Cependant, cette dernière phrase s'avère juste si et seulement si, l'alimentation de la maman allaitante est équilibrée et adaptée.


Ainsi il nous semble primordial de soulever la question suivante :


Quelle alimentation pour la santé des mères allaitantes et celle de leurs bébés ?


Le lait reflète l'alimentation de la mère, beaucoup de nutriments et de substances passent directement dans le lait maternel. L'équilibre physiologique de la mère va influencer l'équilibre physiologique du lait offert à son enfant.


Premier objectif de l’Intelligent Nutrition dans l'allaitement maternel :


"Jeune maman, faites le plein en bons lipides"



  • Augmentez votre consommation d'oméga 3

  • Diminuez votre consommation d'oméga 6

Pourquoi ? En savoir plus sur la composition lipidique du lait maternel


Adoptez l’I.N attitude avant et au cours de l'allaitement !


Pour vos courses :


Choisissez de préférence des produits animaux comme les oeufs, le beurre, les fromages, la crème mais aussi les viandes issus de la filière "oméga trois" (en savoir plus) :


En Belgique  cherchez le logo "oméga trois", "Equilibrium", "Colombus"…


En France cherchez le logo "Bleu Blanc Cœur", qui entre en plus dans le cadre d’une agriculture à vocation santé et durable.


Dans votre cuisine :


Evitez : les huiles de tournesol, de maïs, de soja, de pépins de raisins, d'arachide, de palme, de germe de blé, de carthame, de noisette, de sésame, de coprah et les aliments comportant des graisses végétales non détaillées contenues dans différents produits alimentaires.


Utilisez pour votre huile en cuisson et en assaisonnement : l’huile de colza (cuire à moins de 180°C; précision : la température pouvant être atteinte au sein d'une poêle non vide est en-deça de cette température).


Vous pouvez également pour vos assaisonnements, utiliser de l’huile de lin et de l’huile de cameline.


Vous pouvez également consommer quotidiennement des noix.


Consommez des poissons gras au moins une fois par semaine. 


Les poissons gras sont riches en oméga 3 et en d’autres micronutriments excellents pour la santé mais attention, il est souhaitable de respecter les recommandations de l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) qui suivent, car une consommation excessive de certains poissons gras et notamment de prédateurs comme le thon ou l’espadon peuvent apporter des taux toxiques de métaux lourds (méthylmercure notamment) et autres substances néfastes (dioxines) qui seront véhiculées par le lait maternel.


Donc les poissons gras, oui mais pas n’importe lesquels :


Recommandations de l’Afssa :


"Compte tenu de la sensibilité particulière du système nerveux central humain au méthylmercure durant son développement, et sur la base des données de contamination disponibles, il est recommandé aux femmes allaitantes ainsi qu'aux jeunes enfants de favoriser une consommation diversifiée des différentes espèces de poissons et, en dehors de leur consommation habituelle de poisson, de :



  • Limiter à 150 g par semaine la consommation de poissons prédateurs sauvages : thon, baudroies ou lottes, loup de l'Atlantique, bonite, anguille et civelle, empereur, hoplostète orange ou hoplostète de Méditerranée, grenadier , flétan de l'Atlantique, cardine, mulet, brochet, palomète, capelan de Méditerranée, pailona commun, raies, grande sébaste, voilier de l'Atlantique, sabre argent et sabre noir , dorade, pageot, escolier noir ou stromaté, rouvet, escolier serpent, esturgeon.

  • Supprimer la consommation de requins, lamproies, espadons, marlins et sikis en raison de leur teneur potentiellement élevée en méthylmercure

  • Supprimer la consommation de poissons crus, de coquillages et de crustacés pour les femmes allaitantes."

L’allaitement maternel pose aussi la question suivante du bénéfice/risque :


En considérant le bénéfice/risque de l'alimentation maternelle pour le nouveau-né, quelle recommandation doit-on également proposer en association avec le conseil de l'allaitement maternel ?


Pourquoi ? En savoir plus sur le bénéfice/risque


IN-attitude :


Il est conseillé aux mamans de ne pas chercher à maigrir à tout prix durant la période d'allaitement. En effet, la plupart des toxiques notamment la dioxine est contenue dans le tissu gras, séquestrée dans les adipocytes. Elle serait libérée dans le sang et dans le lait maternel au cours d'un amaigrissement. Sans remettre en question les bénéfices d'un retour à  un poids normal pour la jeune maman, l'institut SIIN conseille de différer toute stratégie de perte de poids afin de protéger également l'enfant lors de l'allaitement (4).


Optez pour une alimentation hypotoxique :


Préférez une alimentation issue de l'agriculture biologique, préférez les modes de cuisson à basse température (moins de 100 °C), cuisez vos fruits et légumes à la vapeur s'ils ne sont pas pelés ou issus d’une agriculture biologique ou raisonnée, évitez l'alcool, le tabac, les médicaments, la consommation de certains poissons et crustacés ...

Une densité micronutritionnelle optimale requise 


Enfin les mères qui allaitent, doivent avoir une densité micronutritionnelle optimale au sein de leur alimentation, c’est à dire une grande richesse en fibres, en vitamines, en minéraux et micro-constituants (polyphénols, caroténoïdes) et notamment en vitamine D, en calcium, en magnésium, en iode et en fer. Ainsi il peut être intéressant de consommer des aliments riches en ces différents micronutriments et de faire contrôler ces paramètres biologiques par des analyses sanguines.


En savoir plus sur la flore du lait maternel


IN-attitude :


Afin de booster son apport en micronutriments, l’I.N-attitude consiste pour la maman allaitante à consommer des fruits et légumes de couleurs variées, de prendre des farines et céréales complètes ou à défaut semi-complètes à la place des farines blanches, du riz, des pâtes raffinées...


Buvez des eaux minérales riches en calcium et magnésium, mangez quelques noix durant cette période d’automne...


Ainsi pour une "densité micronutritionnelle" optimale, adoptez l’IN-attitude et favorisez les aliments riches en prébiotiques, en calcium, en fer, en magnésium, en vitamine D et en iode. N’hésitez pas à faire contrôler ces paramètres biologiques par votre médecin ou par un nutritionniste.

 


  • Les aliments riches en fibres prébiotiques :

Une grande variété de végétaux y compris les céréales, les légumes et les fruits comme le blé, l'oignon, l’ail, le poireau, l'asperge, la banane et l'artichaut.


  • Les aliments riches en calcium :

Eaux minérales, sardines et autres poissons gras, fruits de mer, légumineuses, oléagineux, crucifères (brocoli, choux-fleurs, choux de Bruxelles…), produits laitiers, soja,…


  • Les aliments riches en fer :

Boudin noir, viande rouge, foie, gibier, pois chiches, lentilles, soja, pistaches

Les fruits de mer sont également riches en fer mais il est déconseillé d’en consommer pour les femmes enceintes et allaitantes.


  • Les aliments riches en magnésium :

Eaux minérales, céréales, sardines et autres poissons gras, crucifères, soja, légumineuses (lentille, haricots), oléagineux (amandes, noix, noisettes, noix de cajou), bananes, riz complet.


Les fruits de mer sont également riches en magnésium, mais il est déconseillé d’en consommer pour les femmes enceintes et allaitantes.


  • Les aliments riches en iode :

Les crustacés bien cuits, les moules cuites, les poissons de mer, les produits laitiers, les œufs. Les coquillages sont toutefois à éviter.


  • Les aliments riches en vitamine D :

La vitamine D est essentiellement fabriquée par notre organisme grâce à l'action du soleil sur notre peau. Certains aliments en apportent aussi comme les poissons gras et notamment les sardines et les produits laitiers enrichis en vitamine D.

En ce qui concerne les allergies


Le lait maternel contribue à prévenir les allergies notamment chez les enfants qui ont une prédisposition familiale (5) et si l’allaitement est exclusif pendant au moins 4 mois et idéalement 6 mois. Si le terrain familial est à tendance allergique il vaut mieux que la maman évite de consommer des arachides.


La diversification alimentaire de l’enfant pour les différents allergènes tels que : arachides, lait de vache, œufs, crustacés, céleri, kiwi et gluten doit être la plus tardive possible.


Enfin, une administration thérapeutique de probiotiques peut s’avérer bénéfique pour les enfants allergiques. Une protection maximale contre les allergies infantiles semblent apparaître pour des mères ayant pris une association de pré et probiotiques (synbiotiques) durant leur grossesse.


IN-attitude :


Au cours des quelques mois de l'allaitement, invitez à votre table et dans votre assiette les aliments les moins allergéniques. Sachez trouver des alternatives : par exemple, pour les apéros, tournez le dos aux arachides et orientez-vous davantage vers des apéros « Picasso » tout en couleurs avec des radis, des tomates, des morceaux de concombre...


Eveiller une diversité du goût chez l’enfant


Allaiter c’est aussi éveiller son enfant aux goûts des différents aliments et favoriser plus tard l’acceptation de certains aliments lors de la diversification alimentaire : ce que mange la maman influe sur la saveur du lait, qui évolue donc en fonction de la variété des repas maternels.


Cancer du sein


L'allaitement est enfin un bénéfice pour la maman puisqu'il a été prouvé que les mamans qui avaient allaité étaient à risque plus faible de développer un cancer du sein (6, 3).


Ainsi l'institut S.I.I.N. se positionne de la manière suivante :


Oui à l'allaitement et surtout oui à la nutrition santé des mamans !


Il faut mieux nourrir les mamans pour mieux nourrir les bébés.


http://www.infor-allaitement.be/pages/comite.php


Références bibliographiques :


1. Jensen RG. The lipids of Human milk. CRC Press, Inc, 1989.
2. Guesnet P, Alessandri JM. Acides gras polyinsaturés du lait et développement du système nerveux central du nouveau-né. Cah Nutr Diét 1995 ; 30 : 109-16.
3. James DC, Lessen R. Position of the American Dietetic Association: promoting and supporting breastfeeding. J Am Diet Assoc. 2009 Nov;109(11):1926-42.

4. Exposition à la dioxine au cours de l'allaitement maternel : compte rendu de la Commission Environnement de l’Institut de Médecine Préventive de la SSMG a Concernant l'allaitement maternel.

5. Huurre A et al., 2008. Impact of maternal atopy and probiotic supplementation during pregnancy on infant sensitization: a double-blind placebo-controlled study. Clin Exp Allergy. 2008 Aug;38(8):1342-8. Epub 2008 May 8.

6. Schack-Nielsen L, Michaelsen KF. The effects of breastfeeding II: effects on lifestyle illnesses, mother's health and negative effects. Københavns Universitet, Det Biovidenskabelige Fakultet for Fødevarer, Veterinaermedicin.